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Fantasme (21)

Dans leur tête, la nuit étoilée et ses explosions fulgurantes. Entre leurs jambes, le ruissellement d’une source résurgente et le jaillissement d’un nectar nacré et bouillant.

Ils crient.

Quand se calme le feu, ils restent imbriqués, son front à elle reposant sur l’épaule de Mike. Son front à lui sur l’épaule de Céleste. Ils n’osent se regarder. C’est drôle d’ailleurs. Peut-être ont-ils peur de voir, dans les yeux de l’autre, cette lueur grivoise qui casserait le beau vase en cristal dans lequel ils viennent de boire. Ils sont en sueur et leur cœur bat encore la chamade puis s’alentit peu à peu...

Alors elle se soulève et le sexe de Mike glisse hors d’elle accompagné d’un petit bruit de succion qui les fait rire tous deux. Ca y est. La floque est dénouée. Elle écarte ses cheveux collés à son menton, cherche le regard du garçon. Ils se sourient.

- C’était bon disent-ils en même temps. Et ils rient.

Elle descend de sa monture, essuie d’un revers de poignet la sueur qui perle sous son nez et s’étire pour éteindre la télé et son écran de nuit. Puis elle se lève et passe dans la salle de bain.

Il ne serait pas raisonnable que je les fasse se retrouver sous la douche là. Si ? Non ! Ils viennent de faire l’amour pour la troisième fois en cette matinée.

Vous croyez que ce garçon trouvera, dans les tréfonds de son petit être, la force d’honorer à nouveau cette belle femelle ?

Vous pensez que, la rejoignant sous l’eau chaude fusant du pommeau, il l’embrasserait de nouveau, glissant sa langue agile entre les lèvres luisantes de la belle ?

Vous croyez vraiment qu’il prendrait encore dans ses paumes affamées les lourdeurs charnues et ruisselantes de Céleste ?

Non !

Je pense qu’il viendrait oui, dans la salle d’eau, s’appuierait nonchalamment à la vitre perlée et mâterait le poisson magnifique qui évoluerait derrière.

Et le verre embrumé de la cabine de douche ne lui laisserait que cette forme aux contours suggérés à déguster. Il entrebâillerait la porte vitrée et regarderait, ravi, l’eau mousseuse dévalant en ruisselets sur les douces épaules, son magnifique élan sur le toboggan des seins et son saut dans le vide depuis le museau des tétons. Vaguelettes, ruisseaux, rivière, tout cela coulerait et se joindrait, se rejoindrait, au nid des cuisses disjointes où elle passerait sa main. Elle serait là, vêtue d’eau et de bulles, offrant sa plastique irréprochable au fouet de l’onde chaude. Elle chantonnerait et ses cheveux relevés en chignon hasardeux laisseraient échapper quelques serpentins frisotés qui se plaqueraient à son dos.

Elle verrait Mike en train de la mâter au travers des volutes brumeuses et lui sourirait tout en empaumant ses seins. Sa langue libertine caresserait ses lèvres entr’ouvertes. Son corps ne serait que soie luisante et ses doigts, disparus dans le chenal mouvant de son bassin qui tangue sembleraient occupés à une douce errance.

Elle fixerait l’homme avec cet air qui le rend plus fort, ses paupières mi-closes ne laissant filtrer que cette langueur insolente qui défie le mâle. Lui tiendrait son sexe en main. Comme il serait dur.

Et ce serait les yeux dans les yeux qu’ils caboteraient aux rives du plaisir, elle plongeant dans son trésor, lui escaladant un pic, puisant dans leur repli ou leur force exhibée les brins qui rassemblés rallument les envies. Leurs souffles de concert, trahiraient leur plaisir et la lente montée vers l’euphorie des sens où se perdent les corps quand s’embrase le feu.

Et debout et tremblants ils crieraient de concert, consumés au brasier de la félicité où les amants complices se transforment en cendre.

 

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