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Cheveux en chignon sur la nuque, lunettes cerclées d'écaille noire posées sur son nez droit, yeux soulignés d'un trait de Kohl estompé qui les allonge vers les tempes, bouche charnue, pourpre, gourmande, mouillée de gloss, la secrétaire lui pose une question qu’il entend à peine et à laquelle il trouve plus sage de répondre par un hochement de tête, jugeant inadéquat le coassement qu’il sait près à sortir de sa gorge si il ouvre la bouche. Il ne voit que sa bouche pour l'instant, fasciné qu'il est par la moue dubitative qui la pince un peu et lui donne l'aspect d'un gros bouton de coquelicot tout mouillé d'ondée matinale.

Il soupire discrètement, s'ébroue un peu, se passe nerveusement la main dans les cheveux, desserre le nœud de sa cravate qui lui écrase la glotte et s'arrache à la contemplation de ce pavot pas éclos pour plonger illico dans le ravin du décolleté où il devine plus qu'il ne voit les rondeurs moulées (et pas à la louche) d'une opulente poitrine couleur d'ambre doré. Un léger toussotement le ramène sur le parquet ciré d'où il avait décollé pour fantasmer.

Les sourcils froncés de la belle femelle dont il avait, en douce pensait-il, dépaqueté les rondeurs, le rappellent aux convenances.

- « Suivez-moi je vous prie.

Elle lui tourne le dos et il lui…emboîte…le pas tout en rêvant de lui emboîter autre chose. La jupe crayon lui moule le popotin comme une seconde peau. Impossible de porter un dessous là-dessous pense-t-il en matant le doux balancement des demi-lunes qui lui servent de fesses, à cette…

Il respire encore un grand coup, expulse lentement l’air qu’il sent chargé de phéromones et fixe le bas du corps. Les talons aiguilles sont vertigineux, les mollets sollicités par la hauteur des escarpins sont arrondis et le bas couture qui les pare trace, en ligne droite, le chemin à suivre pour, il le sait, arriver au bonheur.

La taille est fine au dessus de l’arrondi du cul, ceinturée de cuir fauve large comme une main…une taille de guêpe. La ployer contre lui, poser ses doigts impatiens sur cette finesse souple et…

Le chemisier de soie transparent juste ce qu’il faut, laisse deviner, merveille des merveilles, un soutien-gorge de dentelle nacré, sans bretelles. Juste de quoi, surement, cacher aux regards les pastilles pourpres de ses seins qu’il a juste entr’aperçu.

Un escalier en colimaçon agrémente la pièce qu’ils traversent et il n’ose croire qu’ils vont l’emprunter.

Putain si…

Elle grimpe quatre marches et il la suit. Il a le nez à la hauteur de…son cul somptueux et il respire à plein nez, espérant ainsi percevoir, en écartant bien les naseaux, ce parfum de femme qu’il aime tant.

C’est qu’il est quand même un peu sevré de sexe notre ami. Et le « un peu » est un doux euphémisme pour qualifier la longue période de jachère à laquelle son célibat de quatre mois le contraint.

Quatre mois qu’il doit se contenter de sa main et de films pornos pour calmer ses ardeurs.

Sa dernière copine l’a carrément laissé tomber, prétextant, la conne, « qu’il n’était plus attentionné comme aux premiers temps, qu’il laissait traîner ses chaussettes partout, qu’il ne fermait plus la porte des gogues, qu’il ne lui offrait plus de fleurs que pour la Saint Valentin » etc etc...

M’enfin !! Quoi !? Elle lui reprochait juste d’être un homme pensait-il en se remémorant la scène qui avait actée leur rupture.

Elle avait pris ses cliques, le vieux chien puant qu’elle avait réussi à lui faire adopter à force de promesses -jamais tenues d’ailleurs- et était partie en claquant la porte.

Son point final avait été sans équivoque.

  • « Connard avait-elle hurlé sur le palier, provocant un mouvement des rideaux de dentelle de la voisine, une vieille chouette moustachue toujours aux aguets derrière sa fenêtre.

- Il avait pffffffté, ouvert la porte de frigo pour y prendre une mousse mais l’avait refermé violement en constatant qu’il ne contenait qu’un pack de lait écrémé - elle était au régime, la conne- et une salade qui avait connue des jours meilleurs.

Il avait passé sa main dans ses cheveux bouclés, avait chopé son blouson et était sorti, en claquant lui aussi la porte - pas de raison non plus- ce qui avait de nouveau provoqué un frissonnement derrière la croisée de la vieille chouette.

 

Depuis, il s’était promis de ne plus toucher une meuf en vrai, de ne même plus en regarder une en face et ce jusqu’à aujourd’hui. Encore que présentement, ce n’était pas les yeux de la bombe qu’il lorgnait dans cet escalier en colimaçon dont il espérait ne jamais voir la fin.

C’était bien ce pétard de la mort qu’il matait ardemment, tellement ardemment qu’il en rata une marche et se retrouva le nez entre les deux globes fabuleux de cette croupe oscillant devant lui.

Blafard et terriblement gêné, il se redressa, bégayant d’incompréhensibles excuses, s’attendant à recevoir une baffe magistrale et fut interloqué en constatant que la coquine le regardait d’un air entendu et taquin.

- Ca va ? L’interrogea t-elle d’une voix toute perlée d’émotion.

- Ouuuu oui bégaya t-il...

- On monte ? lui sussura t-elle et il crut, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, il crut avoir affaire à une professionnelle du sexe lui proposant une passe !!

Bondieu, oui, on monte, pensa t-il tout en se contentant d’un hochement de tête vigoureux.

L’ascension vertigineuse reprit, mettent son bas-ventre à dure épreuve (hahaha) et s’acheva sur un palier au carrelage immaculé tellement brillant qu’il vit, très nettement, que la bonnasse ne portait effectivement aucun dessous et qu’elle était imberbe du minou (du moins pour la partie furtivement visible qu’il avait aperçu).

Il toussa bruyamment, se racla la gorge sans se rendre compte de l’impolitesse de cette action et desserra encore plus son nœud de cravate.

Fantasme...

Il toussa bruyamment, se racla la gorge sans se rendre compte de l’impolitesse de cette action et desserra encore plus son nœud de cravate.

 

Elle chaloupait devant et lui, le nez au ras de la cravate, guettait l’écartement subtil des cuisses. Il regretta derechef l’étroitesse de la jupe crayon et, parfaitement concentré sur sa contemplation, percuta la femme qui s’était arrêtée devant une lourde porte vernie dont la poignée énorme, lui fit illico penser à sa...heum...

Il toussa de nouveau, s’excusa -de nouveau- et fit un pas en arrière en remettant de l’ordre dans ses idées et à son nœud de cravate malmené.

Elle le regardait d’un air indulgent, un demi sourire -narquois mais il ne le vit pas- donnant à sa bouche un petit air penché et, posant ses doigts fins sur l’énorme poignée, elle toqua et entra sans attendre la réponse.

S’effaçant, elle l’invita à pénétrer (mon dieu) d’un souple geste de la main. Il s’exécuta, la frôlant au passage tout en inspirant un grand coup, tant pour se calmer que pour respirer son parfum.

Il entra dans une...chambre...foulant de ses chaussures cirées du matin...une moquette épaisse et bouclée...

 

Qu’il est plaisant, en temps qu’écrivain, d’ainsi tirer (pardon mais bon, c’est le mot juste) les ficelles de mes marionnettes.

Que vais-je faire de ces deux êtres que j’ai sculptés de ma plume, que j’ai doté d’atouts certains et dont l’avenir repose là, dans ma tête, même pas encore ébauché ?

Que vais-je leur faire se faire ?

Fantasme...
Tag(s) : #Au jardin des délices

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